Enveloppe et accessoires

lundi 1er février 2016
par  Froissart
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Présent sur quelques photos et dans la panoplie, le chapeau reste un accessoire anecdotique.
Magazine Télé 7 jours N°203, fev. 1964

"Quand j’étais au Canada, j’ai inventé mon personnage de Thierry la Fronde, chevalier de Sologne, sur fond de Guerre de Cent Ans dans un contexte de discorde entre les anglophones et les francophones.
J’ai vu là-bas beaucoup des feuilletons anglo-saxons : Ivanhoé, Robin des Bois et d’autres.
C’est d’abord la fronde qui a été déterminante dans la construction de mon personnage principal. Le prénom de Thierry a été trouvé dans un deuxième temps. Denis la Fronde… Robert…, Ludovic,… Jules… Quand le prénom Thierry s’est présenté, c’est lui qui collait, ce n’était pas changeable, c’était le bon prénom. Je revendique la référence à David et Goliath, qui représente la lutte contre un géant. Avec la fronde, on ne tue pas de loin, on assomme.

Le fabricant de la panoplie de Thierry la fronde, l’entreprise Masport, me demande si mon personnage a dans son costume quelque chose de spécial. Il lui faut quelque chose qui le distingue, un signe, un objet. Ne peut-on pas lui mettre un chapeau comme Zorro ? Cette idée de chapeau va me fournir l’idée de l’épisode où Thierry se bat contre son sosie (1.07 La trahison de Judas).

Il pourrait porter une médaille. Une médaille - parfait ! - on va lui en mettre une ! Il porte la médaille dès le début car on a signé les contrats commerciaux très tôt et Masport avait trouvé que la médaille pourrait avoir du succès.

Il fallait un nom noble, un nom qui ne soit porté par aucune famille. Je ne voulais pas d’ennuis de ce côté. Il s’appelle donc Thierry de Janville, seigneur ou sire de Monesto. Monesto pour Mennetou, le village de mon enfance.
Je décide d’y associer les armoiries de la ville de Janville. Janville sonne bien, c’est facile à retenir, les noms en –ville sont courants, évocateurs. C’est une ville des environs de Paris, près d’Etampes. Il y a trois Janville et quand j’ai vu les armoiries du Janville situé en Eure-et-Loir, elles correspondaient bien avec ce que je voulais puisqu’il y a une tour crénelée, qui évoque le château fort et deux gerbes de blé pour la paysannerie, tout ça n’est pas trop belliqueux, c’est tout ce que je demandais ! "

Jean-Claude Deret, auteur

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Les armes de Janville et la fronde font partie des incontournables dans les coloriages pour enfants. Pour les spécialistes : d’azur à la tour d’argent, ajourée et maçonnée de sable ouverte du champ, accostée de deux gerbe de blé d’or, à la bordure cousue de gueules.
Coloriage de la maison d’édition Jesco, 1964

La référence aux héros médiévaux qui peuplent la télévision des origines, Lancelot, Robin des Bois, Guillaume Tell, Richard Coeur de Lion, Ivanhoé incite à des comparaisons avec le Thierry français. Pour commencer, si l’un est un archer ou un arbalétrier hors pair, si Ivanhoé a sa lance, il faut bien que Thierry affirme son originalité…

Les programmes de télévision qui accompagnent le lancement de Thierry la Fronde sur la RTF en novembre 1963 accordent la place qui lui revient à cette fronde qui est une riche trouvaille du Jean-Claude Deret auteur. Télérama du 3 novembre 1963 titre en page 16 : "Fougueux, brave et généreux, Thierry se bat avec une fronde parce que c’est l’arme du peuple." J. C. Deret explique que " ... Thierry la Fronde est un héros moderne parce qu’il défend son pays et prend le maquis comme il n’y a pas si longtemps les jeunes gens le faisaient. Thierry fait donc de la résistance contre l’envahisseur et, s’il a choisi son surnom de Thierry la Fronde, c’est qu’il se bat avec une fronde, arme du peuple, alors que l’épée est l’arme des nobles."

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Apparemment, la comparaison avec les performances de Guillaume Tell est en défaveur de Thierry à la fronde !
Dessin de Georges Libault pour le Jeu des 7 erreurs – Télé Magazine N°424, déc. 1963

Fronde : nom féminin, catégorie accessoire
Intéressons-nous à cette fronde si importante qu’elle accompagne jusque dans le choix de son nom de guerre la métamorphose du seigneur Thierry de Janville en hors-la-loi. (1 . 01 « Hors-la-loi » ) En plus du générique où la fronde occupe une place de premier choix, la première séquence que les téléspectateurs découvrent lui est consacrée. Thierry abat un oiseau en plein vol, ce qui souligne d’emblée son adresse. Il apprend au sire de Bruel que ce talent lui vient du fait qu’il a grandi au contact des enfants du village. Cette information nous indique qu’il est proche des plus humbles, ce que confirmera Bertrand le tonnelier.

Humble et sans arrogance, tout le contraire de Florent., l’intendant qui trahit Thierry, son maître. Lors de la dernière séquence de l’épisode, cette fois, c’est un soldat anglais qui fait les frais de l’adresse de Thierry à la fronde. En situation d’infériorité numérique, elle apporte au combat un avantage décisif dû à l’effet de surprise. Point d’arme à feu en 1360 mais comme l’arbalète, l’arc, le couteau ou la lance, cette possibilité d’atteindre un ennemi à distance offre de nombreuses possibilités au scénariste. Voilà comment, dès le premier épisode, Thierry s’affirme comme un héros inscrit dans la pure tradition tout en proposant sa touche personnelle. Il fait régulièrement usage de sa fronde. Souvent, il fait mouche mais il arrive aussi qu’il manque sa cible... Nous reparlerons des multiples variantes où la fronde a été mise à contribution.