En amont du scénario

lundi 20 juillet 2015
par  Froissart
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Jean-Claude Deret interviewé en 1966 par la Radio-télévision scolaire.
Moyen-âge et fiction, une émission de François Chevassu, réalisée par Philippe Pilard dans la série « Nos images et l’histoire », 1966, Radio- télévision scolaire.

Du point de vue de la dramaturgie, mon intention était d’être aussi différent que possible d’un épisode à l’autre. Je voulais surtout que cela ne soit pas monolithique. Je tenais aussi à ce qu’il y ait une résonance humaniste.
Jean-Claude Deret

Des sujets variés, étoffés avec une dimension humaniste : trois axes qui s’énoncent simplement. Ils forment la base à partir de laquelle l’écriture se met en place. Le téléspectateur devait les trouver en arrière-plan de la construction de la série et de chaque épisode. Trois axes qui président à la détermination des personnages, à l’élaboration du cadre dans l’espace et dans le temps. Ils doivent orienter la construction du récit et être déterminants dans le ton adopté.
La rédaction du scénario doit concrétiser ces options. Pour cela, l’auteur fait appel à ses références et à son expérience.

Dans ma démarche de création, j’ai dû me réinventer le cinéma. J’ai vu beaucoup de films, je fréquentais les ciné-clubs, les salles d’Art et d’essai, j’étais cinéphile.
J’ai la liste des livres historiques de référence qui m’ont aidé à construire Thierry la Fronde. Ce ne sont pas des romans. J’ai une édition complète d’époque du travail de Viollet-le-Duc sur le Moyen-Age que j’ai faite relier. Viollet-le-Duc a sauvé des trucs, d’accord, mais il s’est bien amusé avec l’Histoire !
Jean-Claude Deret

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Un aperçu du contenu du dictionnaire de Viollet-le-Duc consacré au Moyen-âge.
Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné du mobilier français de l’époque carolingienne à la Renaissance, en 6 volumes, Paris, 1858-1870

On ne réécrit pas l’histoire à chaque fois qu’on fait acte de création. La connaissance du Moyen-Age découle d’un travail de documentation. On verra que Jean-Claude Deret compose un tableau du contexte médiéval tout à fait concluant. Jean-Claude Deret n’est pas un novice en matière de série télévisée. Il a parfaitement conscience des règles spécifiques liées à l’écriture audiovisuelle. Son expérience d’acteur lui est précieuse. Son attirance pour la caméra également.

Au départ, plutôt qu’être comédien, j’aurais préféré être metteur en scène de cinéma, raconter des histoires en film. Je venais d’être démobilisé, je sortais du service militaire, j’ai vaguement présenté l’IDHEC mais je ne m’étais pas bien préparé, j’ai échoué. Je me suis décidé à devenir comédien en me disant que je finirais bien par faire mes propres films, c’est ce qu’a fait ma fille Zabou, d’ailleurs. Je n’ai jamais fait de cinéma, ni comme auteur ni comme acteur si ce n’est un petit rôle que j’ai tenu dans un grand film, celui de Zabou « Se souvenir des belles choses ». Je suis co-auteur du scénario, c’est tout. C’est bien son film à elle.
Je n’ai jamais cessé d’écrire et j’ai réalisé un seul court métrage, c’était avec une débutante charmante et amusante qui s’appelait Jacqueline Maillan qui était une copine des cours Simon. C’était un truc farfelu qui s’appelait « Les frères Brothers partent en week-end », un film muet, rempli de gags.
Jean-Claude Deret