On cherche un héros

dimanche 26 juin 2016
par  Froissart
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Si le tournage est le temps fort qui va donner corps à tout ce déploiement de moyens, sa réussite est absolument tributaire du travail de préparation qui l’aura précédé. La préparation est concrétisée en fin de course par la publication du plan de travail. Ce temps qui précède le tournage comporte deux opérations indispensables, lourdes de conséquences et très sensibles : les repérages et l’établissement de la distribution. Il va de soi que Michel Canello et Robert Guez suivent ces deux dossiers au plus près. A l’époque de Thierry la Fronde, on ne parle pas encore de casting. Il n’en reste pas moins que le choix et le recrutement des comédiens est une responsabilité de tout premier plan.

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La recherche de l’acteur principal bénéficie de la publicité d’une mise en scène bien orchestrée. Dans le cadre de l’émission « Au-delà de l’écran » du 10 février 1963, Robert Guez, épaulé par Jacques Harden et Jean-Claude Deret, annonce qu’ils sont à la recherche du héros principal de leur futur feuilleton. Un caricaturiste établit simultanément une galerie de portraits robots…
INA

Le chef-décorateur est très proche du réalisateur car c’est à lui qu’incombe la responsabilité du choix, de la conception des décors qui sont préfigurés dans la phase de repérage puis construits ensuite. Pour Thierry la Fronde, une partie des décors est construite en studio mais une bonne proportion des tournages se fera dans des décors naturels qui nécessitent aussi de sérieux aménagements. Le chef décorateur a sous sa responsabilité l’ensemblier et l’accessoiriste. On peut associer à la conception des décors celle des costumes. Cette dimension artistique contribue elle aussi à la création d’un univers qui doit servir le scénario et recueillir l’adhésion des spectateurs. En période de tournage, interviennent les techniciens chargés de l’habillage, du maquillage et de la coiffure.

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L’organisation des tournages en extérieur représente un travail conséquent. Ce document nous livre des informations précieuses. Il nous apprend que des scènes de Thierry la Fronde ont été tournées dans les rues de la ville de Senlis, que la production de Rocambole a pu fonctionner en parallèle. On trouve la signature de Roger Deplanche en tant que directeur de production.
Télé France films

Voici le témoignage de Claude Matalou. Nous savons qu’avant d’assumer le rôle de producteur délégué, il est le chef opérateur de la première saison.

On a beaucoup travaillé. D’abord parce que c’était tout nouveau, il y avait toutes les contingences qu’on ne connaissait pas encore. Par exemple au niveau des autorisations, ça n’a l’air de rien mais il y avait fort à faire. Pour les décorateurs aussi c’était la première fois. En tant que responsable de la lumière, arrivant sur le plateau pour la première fois, je me demandais comment j’allais m’en sortir. Comment éclairer un escalier en colimaçon ? Je disposais d’une passerelle, un point c’est tout, il fallait se débrouiller. Ce sont ces conditions qui nous ont fait bouger, j’ai appris énormément. Quand je suis passé à la production, sur un plateau, il ne fallait pas m’en raconter. J’avais fait la base.
Claude Matalou, producteur délégué

Le talent du réalisateur s’exprime dans toutes ses dimensions au moment du tournage. Philippe Sanson nous livre le fruit de ses observations en la matière.

Le réalisateur est maître absolu, en France c’est comme ça dans les années 1960, c’est le patron. S’il aperçoit un photographe qui gêne, par exemple, il peut lui faire quitter le plateau, personne ne le lui reprochera. Heureusement pour lui, il délègue des aspects techniques et parfois artistiques. On peut trouver la situation du réalisateur méticuleux qui fait son cadre, vient se servir de l’œilleton parce qu’il n’y avait pas de contrôle par écran moniteur comme aujourd’hui. S’il a une mise en scène complexe et qu’il veut se donner à fond avec ses comédiens, il va déléguer et c’est le cadreur qui va dire « Viens jeter un coup d’œil, est-ce que ça te convient ? Il y a un petit bout d’arbre à droite, la rivière qui s’en va dans le fond… ». C’est aussi ce qu’on peut attendre du cadreur, il ne fait pas qu’appuyer sur un bouton. C’est quelqu’un qui a un grand sens de la composition d’une image. Pour la lumière, c’est pareil, ce n’est pas au réalisateur d’agir directement.
Philippe Sanson, chef électricien, retraité de Telfrance


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