Amis, le temps n’est plus aux chansons...

Le temps assassin a commis le sacrilège que Thierry la Fronde ne s’était jamais résolu à perpétrer. Il nous prive de son adversaire le plus tenace : messire Florent. Plus encore, il nous a enlevé le 12 décembre le grand ordonnateur de cette machine à rêver, celui qui l’a imaginée, l’a actionnée, l’a portée comme un étendard. Jusqu’au bout. Jusqu’au projet de lui donner l’élan d’une version contemporaine.

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Le traître Florent et l’auteur du scénario ne font qu’un !

Jean-Claude Deret ne doutait de rien et posait des questions sur toutes choses. Il ne laissait personne indifférent, que ce soit par son aisance pour la controverse, sa culture phénoménale, son impertinent et corrosif anticonformisme. L’écriture, l’imagination, le sens de la répartie, le péché mignon des anachronismes piégeux le réjouissaient et le tenaient ferme à la tâche. Il était aussi un musicien talentueux - auteur, compositeur interprète- truculent et cruel, provocateur, imprévisible, pas larmoyant, fin chroniqueur et bourgeois déclaré. Quel plaisir il donnait à prendre possession de la scène, à jouer avec son public. Mais également à offrir ses chansons à l’interprétation de ses proches et amis qui connaîtront encore le frisson de les incarner avec gourmandise. Car Jean-Claude Deret a une famille, on pourrait même dire qu’il est une famille. Nous saluons ses proches et amis en ces temps douloureux.

Ce foisonnement créatif est une réalité qui demeure, un joyeux écho qui fait l’éclat des cabarets, la fébrilité des coulisses théâtrales chuchotantes. Jean Claude aurait pu demander à son ami Froissart de pousser son fauteuil pour sa dernière manifestation, il l’aurait fait ! Mais Jean Claude tenait à préparer le café et choisissait ses chouquettes sans assistance aucune ! L’ami Froissart est à la peine. Trop c’est trop, il faut bien le signifier à la camarde. Il y a peu, Martin le sabotier s’en est allé, Claude Matalou, Claude Carliez, Jacques Loiseleux également. Par delà les outrages du temps, vivez encore et ceux que vous avez comblé avec.
Argentique et numérique, votre empreinte est indélébile. Froissart en est modestement un fidèle passeur. La restitution des heures d’entretien qui l’ont ravi vous sont un dû. Vos témoignages s’épanouiront sur ce site, au soleil de votre présence incarnée dans Thierry la Fronde. Aujourd’hui, c’est l’hiver.

Pour ne surtout pas conclure, si vous ne savez pas que docteur Jean-Claude avait trouvé le moyen de se faire occire par défenestration dans un épisode, regardez celui où mister Florent réapparaît comme si de rien n’était ! Tout ça dans le but d’être libre pour qu’on lui confie la réalisation, ce qui n’arriva point... Le nom de l’épisode de cette résurrection...

"Le diable ne meurt jamais" ... sacré Jean-Claude !


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